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Patrimoine et Traditions du Pays de Beauce               



Mondésir
La petite histoire de
MONDESIR





L'AERODROME D'ETAMPES-MONDESIR

par Raymonde Autier-Lejosne, professeur, historienne et fille d'aviateur,
et Philippe Allaire, Président de P&T, Conseiller Général honoraire et ancien Maire de Guillerval.


Les vastes champs du plateau de Beauce, que l'on trouve au Sud d'Etampes, ont offert au début du XXème siècle un terrain idéal pour braver les lois de la nature, s'élever obstinément au-dessus du sol et faire voler un engin plus lourd que l'air.
Au début des années 1900, l'aviation était considérée comme un loisir sportif pour gens aisés. Les amateurs s'entraînaient et se défiaient sur des terrains improvisés. C'est dans ce contexte que Louis Blériot qui avait pu équiper son avion d'un moteur Anzani de 25 chevaux s'élança d'un champ de luzerne fraîchement coupé près de la ferme de Mondésir et fut le premier à remporter le prix décerné à celui qui réaliserait la première liaison de ville à ville sur une distance de 40 km, entre deux points définis à l'avance. Le 13 juillet 1909, il parcourut entre Mondésir et Chevilly 41,2 km en 44 minutes. Cet exploit lui permit, quelques jours plus tard, le 25 juillet de réussir la traversée de la Manche sur le Blériot XI qui l'a rendu à jamais célèbre. Il fonda ensuite une école de pilotage à Pau et délégua à son chef mécanicien Ferdinand Collin, âgé de 26 ans, la responsabilité de trouver un terrain au Sud de Paris et de diriger cette école.


Ce sera tout naturellement sur les lieux du premier exploit de Blériot que Ferdinand Collin louera 60 hectares de terres agricoles bordés par la RN20 au sud de la ferme de Villesauvage. En face, Henri Farman créera ses ateliers et sa propre école de pilotage. En effet, pour vendre un avion, il fallait former le pilote.
Entre 1910 et 1914, Etampes comptait trois écoles de pilotage (Blériot, Farman et Tellier-Deperdussin sur un terrain situé route de Dourdan). Une vingtaine de records en tous genres : distance, durée, altitude ont été homologués à partir de ces écoles.
Le 8 février 1912, l'étampois Gouguenheim bat le record de vol en altitude : 751 m puis 1120 mètres avec à bord quatre passagers. Les exploits et les meetings soutenus par des mécènes comme Henri Deutsch de la Meurthe contribuent à la renommée " d'Etampes-Aéropolis " comme titrait le journal l'Abeille d'Etampes.

Plutôt réticent lorsque la guerre de 1914-1918 éclate, le ministre de la guerre militarise le site en 1915. Des volontaires de toutes armes (il n'y a pas encore d'Armée de l'air) et de toutes nations en particulier des belges et des américains viennent se former à Etampes : Entre le 7 février 1911 et le 12 décembre 1918 Etampes a délivré 1.280 brevets de pilotage, le quart des brevets militaires.
Après la guerre, sur des terrains localisés autour de Mondésir, l'armée stocke des appareils neufs ou endommagés, les répare et les entretient. En 1928 l'armée acquiert 52 ha de terres agricoles à Mondésir et ouvre en 1930 l'école de perfectionnement de pilotage, rattachée à l'école militaire et d'application de l'aéronautique de Versailles. Cette école doit former des instructeurs, des officiers et sous-officiers qui tous devront appliquer les mêmes règles. Elle élabore à cet effet un manuel de pilotage. L'école comprend trois sections, perfectionnement, chasse et bombardement. Si les règles de pilotage sont rationalisées, il n'en est pas de même pour les types d'avions. Une multitude de petits constructeurs livrent chacun leur modèle : Potez, Mureaux, Lioré-Olivier Léo, Bréguet, Morane-Saulnier, Farman, Bloch, Nieuport, Dewoitine, Loire-Gourdon-Lescure. A Mondésir, Une élite de pilotes se forme qui va bientôt donner naissance en 1931 à la Patrouille d'Etampes capable d'acrobaties extraordinaires en solo et en équipe.

C'est aussi le moment des grands meetings aériens. Des foules arrivent par le train à Etampes dont la gare est reliée à Mondésir par des navettes. En 1934, après la remise des coupes Deutsch, le Président de la république de l'époque Albert Lebrun effectue le premier voyage officiel en avion en tant que Président de la République en reliant Mondésir à Villacoublay. C'est encore depuis Mondésir que le 17 avril 1935, Roland Payen qui a inventé l'Aile Delta fait voler le premier avion équipé de cette aile révolutionnaire. C'est ce type d'aile qui équipe maintenant les avions supersoniques, Rafale, Mirage et dont était doté le Concorde.


Paysage d'avant-guerre idyllique, Mondésir sera bientôt troublé par la menace de bruits de bottes. Prenant conscience du danger, l'Etat-Major, qui a attendu 1933 pour créer une armée de l'air indépendante au même titre que l'armée de terre et la Marine, réorganise les Groupements opérationnels de chasse, de reconnaissance et de bombardement dispersés sur le territoire et calqués jusque-là sur l'armée traditionnelle.
C'est dans ces conditions que la première escadre de chasse s'installe à Mondésir le 29 octobre 1936. Elle fut basée au paravant et depuis sa création le 1ier Juillet 1932 à Metz près de la frontière. Elle comprenait deux groupes de chasse (GCI et GCII) de chacune deux escadrilles. Ces quatre escadrilles se perfectionnent dans la base aérienne de Mondésir considérée comme l'une des mieux installées. En 1939, partagées entre Buc et Chantilly, elles sont affectées à la défense de Paris. Les pilotes testent le nouvel avion Dassault, le MB152, premier avion de chasse en acier malheureusement commandé trop tard. Faute de matériel performant et de pilotes en nombre suffisant, ces escadrilles sont sacrifiées. Juin 1940, c'est la débâcle : Mondésir est investi par les troupes allemandes qui l'occuperont jusqu'à la libération et réquisitionneront des hommes dans les villages voisins pour effectuer leurs travaux de terrassement.
Après l'occupation, l'aérodrome d'Etampes-Mondésir renaît avec la Patrouille d'Etampes, ses 12 Stamps SV4 et ses jeunes et brillants pilotes. Mais, avec l'apparition des avions à réaction c'est en 1953 que la Patrouille d'Etampes est transférée à Dijon puis à Salon de Provence où elle est toujours basée aujourd'hui. Elle prend alors le nom de "Patrouille de France". Seule subsiste sur la base militaire de Mondésir la Compagnie d'Equipement et d'Installation des Télécommunications ( C.E.I.T.) qui réalisera entre autres la première liaison hertzienne de l'histoire.


L'aérodrome militaire sera démantelé en 1967. Mondésir ne connaîtra dès lors qu'une activité réduite à vocation civile jusqu'en 1988, année qui vit l'activité de l'aérodrome de Guyancourt transférée à Mondésir et la gestion de l'aérodrome confiée par l'Etat à Aéroport de Paris. Aujourd'hui l'aérodrome d'Etampes-Mondésir a une activité consacrée à l'aviation civile légère et héberge des aéroclubs, des entreprises en lien avec l'aviation et des avions de particuliers. Le centre de transmission installé sur le site de l'ancienne école Farman est depuis quelques années désaffecté et retourne progressivement à l'agriculture.


La Patrouille de France qui tient son origine à Mondésir s'est produite en 2011 sur l'aérodrome de Mondésir à l'occasion de l'anniversaire des 80 ans de la Patrouille d'Etampes organisé par Patrimoine & Traditions


Documents de référence consultés :

- L'Aérodrome d'Etampes-Mondésir édité par l'Association Patrimoine et Traditions 1995
- Le pays d'Etampes et la Grande Guerre, Numéro spécial des Cahiers d'Etampes-Histoire 1914
- Le Papyvore n° 35 édité par les Archives départementales de l'Essonne à Chamarande.
- Documents photographiques de l'équipe "Patrimoine & Traditions de Beauce" 2018



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